Photos Jesse Owens [États-Unis] lors de l’épreuve du 200 mètres, photographie, 1936.
Jesse Owens [États-Unis] lors de l’épreuve du 200 mètres, photographie, 1936.
© Coll. CASDEN

Jesse OWENS

La célébrité de Jesse Owens devient mondiale à l’occasion des Jeux Olympiques de Berlin, organisés par l’Allemagne nazie, au cours desquels il obtient quatre médailles d’or.

Jesse Owens est né en 1913 à Oakville, dans l’État de Californie (États-Unis), dans une famille africaine-américaine pauvre. Jesse Owens suit une scolarité normale tout en enchaînant les petits boulots, dans une Amérique ségrégationniste qui marginalise les Africains-Américains. Il découvre tôt sa passion pour la course, mais pratique aussi les sauts en longueur et en hauteur, le football et le basket. Dès 1928, il établit les records américains de sauts en longueur et en hauteur. En 1933, aux championnats interscolaires, il égale le record du monde sur le 100 yards (91,44 mètres), et gagne le 220 yards (201,17 mètres) et le saut en longueur. Les meilleures universités américaines lui proposent des bourses. Il choisit l’université d'État de l'Ohio.

En avril 1935, il réalise un saut de 7,97 mètres, à seulement un centimètre du record du monde. En mai, lors d’une compétition, il bat successivement le record du monde de saut en longueur de 15 centimètres avec un saut à 8,13 mètres (record qu’il conserve jusqu’en 1960), le record du 220 yards (il bat donc également le record du 200 mètres en 20,3 secondes), le record du 200 mètres haies et égale le record du 100 yards. La célébrité de Jesse Owens devient mondiale à l’occasion des Jeux Olympiques de Berlin, organisés par l’Allemagne nazie. Au cours de ces derniers, il obtient quatre médailles d’or : au 100 mètres (10,3 secondes, à un centième de son record du monde obtenu un an plus tôt), au saut en longueur, au 200 mètres (20,7 secondes, record du monde) et au 4x100 mètres (39,8 secondes, record du monde).

Bien que l’Allemagne remporte ces Jeux Olympiques avec 89 médailles, devant les États-Unis, les exploits de Jesse Owens ruinent la démonstration, tant espérée par le IIIe Reich, de la supériorité des athlètes « aryens » sur les autres « races » et contribuent à la fierté des Africains-Américains dans leur combat pour être reconnus comme des citoyens à part entière aux États-Unis. Jesse Owens garde paradoxalement un souvenir agréable de l’Allemagne en 1936. Victime de la ségrégation en n’ayant aucun droit civique, il fustige le président des États-Unis, qui ne le reçoit pas à la Maison Blanche après les Jeux Olympiques. Jesse Owens n’a cependant jamais été un militant actif de la cause africaine-américaine aux États-Unis (il ne cède pas à la pression des organisations noires pour boycotter les Jeux Olympiques par exemple). En dépit de ses exploits, il éprouve des difficultés à subvenir aux besoins de sa famille, acceptant de participer à des courses locales, et même à des courses contre des chevaux, tout en acceptant quelques emplois salariés rendus accessibles grâce à sa notoriété. Il demeure l’un des plus grands athlètes de tous les temps, celui qui ridiculise la propagande raciste du régime nazi et a été le véritable « dieu du stade » en 1936.