Photos Cathy Freeman [Australie] médaillée d’or au 400 mètres, photographie dédicacée, 2000.
Cathy Freeman [Australie] médaillée d’or au 400 mètres, photographie dédicacée, 2000.
© Coll. CASDEN

Cathy FREEMAN

Cathy Freeman remporte la 100e médaille d’or des Australiens dans l’histoire des Jeux Olympiques et célèbre la fraternité entre les peuples et la reconnaissance du peuple aborigène.

Cathy Freeman est la grande rivale de la Française Marie-José Pérec, qui quitte précipitamment les Jeux Olympiques avant la finale tant attendue du 400 mètres sous la pression médiatique. Le temps d’une cérémonie d’ouverture où elle illumine par sa présence et son geste le symbole de l’Olympisme, et à l’issue d’une finale victorieuse, c’est donc Cathy Freeman que l’on célèbre lors de ces Jeux de l’an 2000. Un tour de piste suffit pour que l’Australienne d’origine aborigène réduise l’espace entre un peuple colonisateur et les premiers habitants de cette île-continent.

Symbole vivant des premiers Jeux du millénaire mais aussi d’une réconciliation nationale, Cathy Freeman n’est pourtant qu’un arbre qui cache le bush (forêt de bois et de broussailles australienne). La multiplication des images et gestes symboliques durant ces Jeux Olympiques, même vus par des milliers de téléspectateurs, ne peuvent supplanter l’absence de véritables politiques en faveur du peuple originel d’Australie. La double participation australienne à l’organisation des Jeux Olympiques (1956 et 2000) a pérennisé l’image folklorique des Aborigènes, à défaut de leur offrir de véritables perspectives civiques. La lente reconnaissance des Aborigènes et les longues négociations entre les dirigeants australiens et le CIO pour l’acceptation, lors du tour d’honneur de l’athlète, des deux drapeaux – australien et aborigène –, noués sur ses épaules, l’attestent. Pourtant, ce geste a sans doute contribué à ce que huit ans plus tard, le 13 février 2008, le Premier ministre Kevin Ruud présente pour la première fois, au nom du pays, ses « excuses » auprès des « générations perdues » aborigènes.

Allumer la flamme olympique a un prix, celui du poids d’une nation qui attend des résultats à la mesure de ses espoirs. Cathy Freeman s’en acquitte aussi sur la piste en remportant la 100e médaille d’or des Australiens dans l’histoire des Jeux Olympiques et en célébrant à sa manière 100 ans d’Olympisme féminin. Deux siècles d’oppression des colons anglais s’effacent provisoirement devant les 49,11 secondes de sa course. Aujourd’hui mariée et mère d’une petite fille, Cathy Freeman a quitté le sprint pour s’engager dans une épreuve de fond démesurée, sans garantie de victoire, tant les discriminations restent importantes dans la société australienne. En 2007, elle a en effet créé la Freeman Foundation pour améliorer l’éducation des enfants aborigènes, notamment à Palm Island, lieu intimement lié à l’histoire dramatique de sa famille. Elle souhaite désormais que sa notoriété olympique permette aux « enfants aborigènes d’expérimenter leur potentiel et leur grandeur ».