Après la Seconde Guerre mondiale, les Jeux Olympiques de 1948 sont ceux de la reconstruction. Les éditions suivantes sont, elles, marquées par la Guerre froide qui fait des Jeux Olympiques un théâtre d’affrontement entre deux blocs de nations rivales (en 1952, 1956 et 1960). L’année 1960 est une année charnière avec la création des Jeux Paralympiques par Ludwig Guttmann ; ce sont aussi les premiers Jeux Olympiques organisés aux lendemains des indépendances coloniales. Ceux de 1968 sont marqués par un engagement politique fort avec les revendications des Africains-Américains.

XIVe OLYMPIADE - 1948 ı Londres

XIVe OLYMPIADE
29 JUILLET-14 AOÛT 1948
Londres ı GRANDE-BRETAGNE

Photos « Édition spéciale. Les Jeux Olympiques », couverture de presse in Miroir Sprint, 1948.
« Édition spéciale. Les Jeux Olympiques », couverture de presse in Miroir Sprint, 1948.
© Coll. CASDEN

Douze ans après les « jeux nazis » à Berlin et trois ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Jeux Olympiques de 1948 sont ceux de la reconstruction. L’Allemagne, occupée par les forces alliées, n’est pas invitée sous « prétexte » qu’elle n’a pas de Comité Olympique National et l’URSS, dont les athlètes ne sont pas prêts, n’envoie aucune délégation. La Grande-Bretagne a été choisie car elle symbolise le centre de la résistance européenne au nazisme. Elle vient aussi de perdre le fleuron de son empire, l’Inde, et doit rehausser son prestige. Londres, victime des bombardements allemands durant le Blitz, est largement détruite. Toutes les infrastructures sportives sont à construire ou à reconstruire. En parallèle des Jeux Olympiques, pour la première fois, sont organisés les premiers « Jeux mondiaux des [athlètes] amputés et en fauteuil », bientôt nommés « Jeux de Stoke Mandeville ». Un neurologue allemand, Ludwig Guttmann, est à l’origine de ces jeux, encore modestes — deux équipes s’affrontent au sein de l’hôpital de Stoke Mandeville —, mais cette première édition pose les bases des futurs Jeux Paralympiques.

Pour loger les athlètes et les représentants des nations invitées, les organisateurs utilisent des casernes, des écoles et d’autres bâtiments publics. Pourtant, 4.104 athlètes sont présents, dont 390 femmes (9,50 %). 500.000 Britanniques peuvent suivre les compétitions à la télévision. Fanny Blankers-Koen, surnommée « la Hollandaise volante » est l’héroïne sportive de ces Jeux : elle remporte le 100 mètres, le 200 mètres, le 80 mètres haies et le relais 4x100 mètres. Elle ne peut participer aux épreuves de sauts en longueur et en hauteur ; le CIO interdisant alors aux femmes de concourir dans plus de trois épreuves individuelles.

Des sportifs qui vont marquer l’Histoire s’affirment, tels le Tchécoslovaque Emil Zátopek, qui remporte le 10.000 mètres, obtient la médaille d’argent sur le 5.000 mètres et entame sa rivalité légendaire avec le Français Alain Mimoun ou l’Américain Bob Mathias qui remporte le décathlon à 17 ans, plus jeune athlète à décrocher une médaille d’or en athlétisme. Enfin, la Française Micheline Ostermeyer, pianiste de profession, décroche trois médailles, l'or au lancer du poids et au lancer du disque, et le bronze au saut en hauteur. Elle est l’athlète française la plus titrée, au-delà des sexes et tous sports confondus.

Les chiffres clés de la XIVe OLYMPIADE

Athlètes

(9,50 % DE SPORTIVES)

Sports

 

Épreuves

Image Olympic Games. London, affiche
signée Walter Herz, 1948.
© Musée national du sport Nice
Olympic Games. London, affiche
signée Walter Herz, 1948.

Jeux
Paralympiques

- (début en 1960)

Nations

 

Jeux d'hiver

athlètes

Classement

ÉTATS-UNIS SUÈDE FRANCE

XVe OLYMPIADE - 1952 ı Helsinki

XVe OLYMPIADE
19 JUILLET-3 AOÛT 1952
Helsinki ı FINLANDE

Photos Entrée du village olympique, photographie, 1952.
Entrée du village olympique, photographie, 1952.
© Popperfoto/Getty Images

Lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux d’Helsinki de 1952, la première femme à porter le drapeau en tête d’une délégation, celle de l’Uruguay, suscite moins d’émotion que le dernier porteur de la flamme, l’ancien grand champion finlandais d’athlétisme Paavo Nurmi. Parmi les 4.955 athlètes représentant 69 pays, on compte 519 femmes (10,47 %). Le retour des délégations allemande et japonaise, non invitées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, est remarqué, mais moins que l’imposante délégation soviétique accompagnée de celles des « pays satellites » qui participent aux Jeux Olympiques pour la première fois, ainsi qu’Israël. De manière concomitante, la Chine de Mao Tsé-toung fait son entrée aux Jeux Olympiques tandis que la Chine nationaliste de Formose boycotte l’événement.

La dernière apparition des athlètes russes aux Jeux Olympiques date de 1912, soit avant la Révolution de 1917. L’URSS s’est en effet tenue à l’écart du mouvement olympique jugé, comme les grandes fédérations internationales, au service d’un « sport bourgeois », instrument de domination de la classe ouvrière. En réintégrant le CIO en 1951, les dirigeants soviétiques entendent démontrer par le sport la validité et la supériorité du système socialiste. Ce changement de stratégie est lié à la Guerre froide qui organise en deux blocs les relations entre les nations. La XVe Olympiade est vécue comme un théâtre d’affrontement de ce nouveau conflit indirect.

L’impression est renforcée par le « rideau de fer portatif », selon la formule du New York Times, qui sépare les villages des athlètes de l’Ouest et de l’Est. Les communistes qui veulent faire des Jeux Olympiques une tribune en faveur de la « paix et de l’amitié entre les peuples » doivent ouvrir les portes de leur village sous la pression des médias occidentaux. Les scènes de fraternisation entre les athlètes des deux camps sont largement médiatisées bien que, dans les faits, elles ne soient pas systématiques. Les rencontres sportives se déroulent sans incident. Les Jeux Olympiques d’Helsinki témoignent de la possibilité d’une coexistence pacifique. Et si les États-Unis conservent la première place au classement des médailles (devant l’URSS), les athlètes de l’Est font forte impression à l’image du Tchécoslovaque Emil Zátopek, héros des Jeux Olympiques, ou des gymnastes soviétiques Victor Tchoukarine et Maria Gorokhovskaya qui remportent le plus grand nombre de médailles.

Les chiffres clés de la XVe OLYMPIADE

Athlètes

(10,47 % DE SPORTIVES)

Sports

 

Épreuves

Image XVth Olympic Games. Helsinki Finland,
affiche signée Ilmari Sysimetsä, 1952.
© Musée national du sport Nice
XVth Olympic Games. Helsinki Finland,
affiche signée Ilmari Sysimetsä, 1952.

Jeux
Paralympiques

- (début en 1960)

Nations

 

Jeux d'hiver

athlètes

Classement

ÉTATS-UNIS UNION SOVIÉTIQUE HONGRIE

XVIe OLYMPIADE - 1956 ı Melbourne

XVIe OLYMPIADE
22 NOVEMBRE-8 DÉCEMBRE 1956
Melbourne ı AUSTRALIE

Photos Melbourne Cricket Ground Stadium, boîte métallique, 1956.
Melbourne Cricket Ground Stadium, boîte métallique, 1956.
© Coll. CASDEN

Les Jeux Olympiques de Melbourne sont les premiers à être télévisés et à se dérouler dans l’hémisphère Sud. La victoire de Melbourne sur Buenos Aires (Argentine) en 1949 est le fruit d’un intense lobbying orchestré auprès du CIO par ses élites économiques et politiques afin de placer leur ville en tête. Les 72 pays représentés ont envoyé 3.314 athlètes dont 376 sportives (11,34 %), desquels il faut retrancher les concurrents en équitation qui ont passé leurs épreuves à Stockholm (Suède) en raison de la quarantaine imposée aux chevaux.

Pour leur deuxième participation aux Jeux Olympiques, les Soviétiques dépassent les Américains au tableau des médailles (ce basculement perdurera jusqu’en 1988). Alors que l’Australie affirme sa suprématie en natation, les États-Unis continuent de dominer l’athlétisme. La surprise, ici, vient de l’Australienne Betty Cuthbert qui remporte les 100 mètres, 200 mètres et 4x100 mètres ; elle vient aussi d’Alain Mimoun qui, cette fois-ci, gagne le marathon alors qu’il a longtemps collectionné l’argent (en 1948 sur le 10.000 mètres, en 1952 sur la même distance et au 5.000 mètres) dans « l’ombre d’Emil Zátopek ». En gymnastique, les Soviétiques écrasent la compétition avec un accessit pour les Hongroises. Dans le tournoi de football, le podium est occupé par l’URSS suivie de la Yougoslavie et de la Bulgarie, les nations occidentales ne pouvant aligner leurs joueurs professionnels.

Marqués par un triple boycott, ces Jeux Olympiques ne sont pas les « friendly games » rêvés par le CIO. L’Égypte, l’Irak et le Liban dénoncent la présence d’Israël dans le contexte de la crise de Suez (1956), tandis que la Chine de Mao n’accepte pas que le drapeau de la Chine de Formose (Taïwan) soit hissé dans le stade. L’Espagne, la Suisse (prétextant au final l’absence d’avions) et les Pays-Bas exigent le retrait des troupes soviétiques de Hongrie. L’exfiltration par la CIA d’athlètes hongrois vers les États-Unis fait suite à la rixe entre les équipes d’URSS et de Hongrie en finale du water-polo, et inscrit la Guerre froide au cœur des Jeux Olympiques, même si à la fin des compétitions, et pour la première fois, les athlètes défilent tous ensemble, plutôt que pays par pays, en signe d’« unité ».

Les chiffres clés de la XVIe OLYMPIADE

Athlètes

(11,34 % DE SPORTIVES)

Sports

 

Épreuves

Image Olympic Games. Melbourne, affiche
signée Richard Beck, 1956.
© Musée national du sport Nice
Olympic Games. Melbourne, affiche
signée Richard Beck, 1956.

Jeux
Paralympiques

- (début en 1960)

Nations

 

Jeux d'hiver

athlètes

Classement

UNION SOVIÉTIQUE ÉTATS-UNIS AUSTRALIE

XVIIe OLYMPIADE - 1960 ı Rome

XVIIe OLYMPIADE
25 AOÛT-11 SEPTEMBRE 1960
Rome ı ITALIE

Photos L’épreuve du marathon dans les rues de Rome, photographie, 1960.
L’épreuve du marathon dans les rues de Rome, photographie, 1960.
© Marka / Alamy

C’est en période de forte canicule, que Rome accueille les XVIIe Jeux Olympiques. Après la tentative avortée en 1908 et avoir laissé la place prévue en 1940 au Japon, la « ville éternelle » est enfin à l’honneur. Si le stade olympique construit en 1953 au cœur du Foro Italico — grand complexe sportif érigé sous Mussolini — est le lieu central des compétitions, plusieurs épreuves se déroulent sur des sites historiques. Ainsi la lutte se déroule dans la basilique de Maxence, la gymnastique aux thermes de Caracalla et l’arrivée du marathon est programmée sous l’Arc de Constantin.

Au cœur du « miracle économique italien », l’Italie veut faire oublier, à travers ces Jeux romains, la période fasciste et prouver au monde sa modernité et la vitalité de sa démocratie. De fait, ces Jeux Olympiques sont une fête. 100.000 personnes assistent à la cérémonie d’ouverture : après les discours protocolaires, coups de canons, tintement des cloches vaticanes et envol de milliers de pigeons suscitent la liesse. 1960 est aussi l’année des décolonisations : en conséquence le nombre de nations participantes – 83 – et d’athlètes – 5.338 dont 611 femmes 11,45 %) – s’accroît. Le Maroc, la Tunisie et le Soudan s’alignent pour la première fois. La Chine communiste, sortie du CIO en 1958, est absente des Jeux Olympiques en raison du conflit qui l’oppose à Taïwan. La technique est au rendez-vous puisque, pour la première fois, à travers la RAI, la télévision couvre en direct et en eurovision l’ensemble des compétitions.

Le héros des Jeux Olympiques est Abebe Bikila, 28 ans qui remporte le marathon pour l’Éthiopie en battant, pieds nus, le record du monde après 2 heures 15 minutes de course. Son passage sous l’Arc de Constantin, à l’endroit même où Mussolini avait envoyé ses troupes 25 ans plus tôt conquérir l’Éthiopie, sonne comme une revanche. Outre la victoire du jeune boxeur Mohamed Ali, c’est une autre athlète africaine-américaine, Wilma Rudolph qui s’illustre avec trois médailles d'or en sprint sur les 100 mètres, 200 mètres et relais 4x100 mètres, égalant l’exploit de Betty Cuthbert aux Jeux Olympiques précédents. Autre image forte de cette Olympiade, au 400 mètres, l'Américain Otis Davis et l'Allemand Carl Kaufmann sont les premiers à descendre sous les 45 secondes. Enfin, il fallait bien un héros italien pour ces jeux romains ! Il est incarné par Livio Berruti, vainqueur surprise du 200 mètres devant une foule en délire.

Les chiffres clés de la XVIIe OLYMPIADE

Athlètes

(11,45 % DE SPORTIVES)

Sports

 

Épreuves

Image Jeux de la XVIIe Olympiade. Rome,
affiche signée Armando Testa [reprise
sur la couverture du programme], 1960.
© Coll. CASDEN
Jeux de la XVIIe Olympiade. Rome,
affiche signée Armando Testa [reprise
sur la couverture du programme], 1960.

Jeux
Paralympiques

athlètes

Nations

 

Jeux d'hiver

athlètes

Classement

UNION SOVIÉTIQUE ÉTATS-UNIS ITALIE

XVIIIe OLYMPIADE - 1964 ı Tokyo

XVIIIe OLYMPIADE
10 OCTOBRE-24 OCTOBRE 1964
Tokyo ı JAPON

Photos Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo, photographie, 1964.
Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo, photographie, 1964.
© Marka/ Alamy

Les Jeux Olympiques de Tokyo sont les premiers à être organisés en Asie. La capitale japonaise devait déjà accueillir l’événement en 1940 — une candidature soutenue par l’Allemagne, et favorisée par le retrait de l’Italie mussolinienne —, mais la guerre sino-japonaise de 1937 et la condamnation internationale conduisent à l’annulation de cette candidature. En 1964, le Japon, pour cette XVIIIe Olympiade, entend montrer qu’il s’est relevé de la Seconde Guerre mondiale. L’entrée dans le stade de la flamme, lors de la cérémonie d’ouverture, portée par un jeune homme né le jour du bombardement atomique d’Hiroshima le 6 août 1945, fait alors figure de symbole.

Le Japon affiche lors de ces Jeux Olympiques sa puissance économique et sa modernité : les investissements d’équipements sont colossaux. Les compétitions qui rassemblent 5.151 athlètes, dont 678 femmes (13,16 %) représentant 93 pays sont diffusées pour la première fois, en direct et en mondovision, grâce à une transmission par satellite. Les 600 millions de téléspectateurs quotidiens peuvent suivre, en couleur, les performances des athlètes. Cette édition est marquée par la programmation des épreuves de judo jusque-là absentes. Seule une médaille échappe au Japon avec la victoire du Néerlandais Anton Geesink dans le tournoi majeur des toutes catégories. L’URSS occupe la première place au classement des médailles depuis 1960, notamment grâce à Larissa Latynina qui règne sans partage sur la gymnastique artistique : elle remporte 18 médailles olympiques de 1956 à 1964 (six à chacun de ces trois Jeux) et reste l’unique athlète à s’être adjugée 14 médailles dans les épreuves individuelles. Les États-Unis sont alors plongés dans une crise politique face au mouvement de protestation des Africains-Américains en écho à la lutte en faveur des droits civiques portés notamment par Mal Whitfield, champion olympique du 800 mètres en 1948 et 1952.

Si la Chine est absente, refusant de participer à une compétition aux côtés de Taïwan, 14 pays nouvellement indépendants sont présents à Tokyo. La représentation africaine s’élargit et conduit à l’exclusion de l’Afrique du Sud en raison de son régime raciste d’Apartheid. Aux douze pays présents à Rome en 1960 s’ajoutent, lors de ces Jeux Olympiques, l’Algérie, le Cameroun, le Congo-Brazza, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal, le Tchad et la Tanzanie (sous le nom de Tanganyika). La Rhodésie du Nord, invitée à participer, acquiert formellement son indépendance sous le nom de Zambie le jour de la cérémonie de clôture des Jeux. Comme à Rome, en 1960, seul le marathonien éthiopien Abebe Bikila remporte une médaille d’or pour le continent africain. Des athlètes ghanéens, kenyans, nigérians et tunisiens montent néanmoins aussi sur des podiums, anticipant les succès à venir du continent. En voile, les Suédois Lars Gunnar Käll et Stig Lennart Käll, largement en tête de leur épreuve, vont secourir les Australiens à la dérive. La presse nippone relate leur exploit et leur adjuge la « médaille d’or de l’humanité ». Le CIO leur délivre le premier trophée du fair-play à cette occasion.

Les chiffres clés de la XVIIIe OLYMPIADE

Athlètes

(13,16 % DE SPORTIVES)

Sports

 

Épreuves

Image Tokyo 1964, affiche signée
Yusaku Kamekura, 1964.
© Musée national du sport Nice
Tokyo 1964, affiche signée
Yusaku Kamekura, 1964.

Jeux
Paralympiques

athlètes

Nations

 

Jeux d'hiver

athlètes

Classement

ÉTATS-UNIS UNION SOVIÉTIQUE JAPON

XIXe OLYMPIADE - 1968 ı Mexico

XIXe OLYMPIADE
12 OCTOBRE-27 OCTOBRE 1968
Mexico ı MEXIQUE

Photos Cérémonie d’ouverture, photographie, 1968.
Cérémonie d’ouverture, photographie, 1968.
© Keystone-France/Gamma-Keystone/Getty Images

En octobre 1968, 4.735 sportifs et 781 sportives (14,15 %), provenant de 112 nations — soit une vingtaine de plus qu’en 1964, et pour la première fois plus de 100 nations sont rassemblées —, se retrouvent dans la capitale mexicaine à 2.300 mètres d’altitude. On pense alors que les athlètes ne supporteront pas le manque d’oxygène mais de nombreux records sont battus, alors que pour la première fois les athlètes doivent se soumettre à des contrôles de dopage (narcotiques, stimulants…). Cela s’explique par l’intensité de la compétition entre nations rivales durant la Guerre froide (107 médailles pour les États-Unis, 91 pour l’URSS) et par l’utilisation de nouvelles techniques et matériaux (tartan, perche en fibre de verre, chaussures plus légères). Bob Beamon saute 8,90 mètres à la longueur et Robert Seagren atteint 5,40 mètres à la perche, améliorant les records mondiaux respectivement de 55 et 30 centimètres.

Dick Fosbury renverse les codes avec un saut en hauteur jamais vu, car réalisé sur le dos, qui lui donne la victoire avec 2,24 mètres. Trois autres Américains, Jim Hines, Tommie « Jet » Smith et Lee Evans, affolent les premiers chronomètres électroniques avec 9,95 secondes, 19,83 secondes et 43,86 secondes aux 100 mètres, 200 mètres et 400 mètres. Chez les femmes, Colette Besson, « la petite fiancée de la France » remporte le 400 mètres et Debbie Meyer, devient médaillée d’or à 16 ans sur 200 mètres, 400 mètres et 800 mètres nage libre : elle est la première nageuse à réaliser un triplé olympique individuel. Symbole de ces Jeux Olympiques (même si seulement 14,15 % des athlètes sont des femmes en 1968), c’est la première fois qu’une femme allume la vasque olympique : Enriqueta Basilio, considérée comme le grand espoir de l’athlétisme mexicain.

Par le choix d’un « pays en développement », le CIO veut prouver l’universalisme des Jeux Olympiques. Mexico présente aussi l’avantage d’être la capitale d’un pays non aligné mais voisin des États-Unis, avec une économie en pleine croissance et une stabilité politique garantie par la dictature de Gustavo Díaz Ordaz. Dix jours avant la cérémonie d’ouverture, le pouvoir fait d’ailleurs massacrer et disparaître plus d’un millier d’étudiants et ouvriers venus manifester sur la place des Trois Cultures, sans guère de réactions des diplomaties, persuadé que l’ouverture de cette Olympiade masquera cette répression. Les élites au pouvoir au Mexique veillent aussi à cacher la population misérable derrière des visuels innovants (logotype, pictogrammes, publicités…) qui envahissent la ville. Dans le contexte explosif des « Mai 68 », de la guerre du Viêtnam, de la répression du « printemps de Prague », de l’assassinat de Martin Luther King, de la Guerre froide, de l’Apartheid, les deux champions africains-américains Tommie Smith et John Carlos lèvent leur poing ganté de noir ce qui saisit le monde entier pour ces Jeux Olympiques retransmis en direct sur toutes les télévisions du monde.

Les chiffres clés de la XIXe OLYMPIADE

Athlètes

(14,15 % DE SPORTIVES)

Sports

 

Épreuves

Image Jeux Olympiques Mexico 68. Plongeoir,
affiche signée Lance Wyman,
Beatrice Colle, José Luis Ortiz
et Jan Stornfeld, 1968.
© Coll. CASDEN
Jeux Olympiques Mexico 68. Plongeoir,
affiche signée Lance Wyman,
Beatrice Colle, José Luis Ortiz
et Jan Stornfeld, 1968.

Jeux
Paralympiques

athlètes

Nations

 

Jeux d'hiver

athlètes

Classement

ÉTATS-UNIS UNION SOVIÉTIQUE JAPON