Photos Władysław Kozakiewicz [Pologne] médaillé d’or au saut à la perche, photographie de Bob Thomas, 1980.
Władysław Kozakiewicz [Pologne] médaillé d’or au saut à la perche, photographie de Bob Thomas, 1980.
© Bob Thomas/Sports Photography via Getty Images
1980 l MoscouWładysław KOZAKIEWICZDémocratie

1980 ı Moscou Démocratie Władysław KOZAKIEWICZ

Exposition Histoire, Sport et Citoyenneté. Des Jeux olympiques d’Athènes 1896 aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Panneau 19 : 1980 ı Moscou ı Démocratie ı Władysław KOZAKIEWICZ ı XXIIe Olympiade ı Saut à la perche. © CASDEN

La victoire de Władysław Kozakiewicz est interprétée comme le symbole d’une aspiration à la démocratie et d’une résistance des Polonais face à la domination soviétique.

Portrait Władysław KOZAKIEWICZ

Démocratie

Aux Jeux Olympiques de Moscou, en 1980, Władysław Kosakiewicz remporte la médaille d’or du saut à la perche lors d’un concours resté dans l’Histoire. Il naît en 1953 en Lituanie de parents polonais rapatriés ensuite en 1958 dans le cadre de la politique d’échange des populations orchestrée par l’URSS. Il s’impose la première fois lors des championnats de Pologne en 1974 avant de se faire connaître sur la scène internationale l’année suivante en établissant un record d’Europe à 5,60 mètres. Il améliore ensuite ce record à trois reprises jusqu’en 1980. Władysław Kosakiewicz est en outre champion d’Europe en salle et champion du monde universitaire. Quelques semaines avant les Jeux Olympiques de Moscou, il établit un record du monde à 5,72 mètres, dépassé peu de temps après par les Français Thierry Vigneron d’abord et Philippe Houvion ensuite.

Władysław Kosakiewicz figure donc parmi les favoris du concours olympique et ce, d’autant plus, qu’il est présenté comme revanchard. Blessé, il n’a pu disputer réellement sa chance à Montréal en 1976. Il s’impose finalement en établissant même un nouveau record du monde à 5,78 mètres à la suite d’un duel avec le Soviétique Konstantin Volkov soutenu fiévreusement par le public. En réponse à la franche hostilité des spectateurs russes, Władysław Kosakiewicz leur adresse un bras d’honneur.

Photo Władysław KOZAKIEWICZ
© Bob Thomas/Sports Photography via Getty Images

Le perchiste polonais, Władysław Kozakiewicz, décroche la médaille d’or

Le perchiste polonais, Władysław Kozakiewicz, décroche sa seule médaille olympique aux Jeux Olympiques de Moscou et se permet un bras d’honneur envers le public de l’URSS qui lui est hostile et préfère son concurrent direct, le Soviétique Konstantin Volkov.

Démocratie

L’image fait le tour de monde — à l’exception des pays du bloc de l’Est — et devient le symbole de l’aspiration à la démocratie. L’URSS voit dans ce geste une insulte « contre le peuple soviétique » et demande au CIO que sa médaille lui soit retirée. Le gouvernement polonais évoque un « spasme musculaire » pour justifier le geste et refuse de sanctionner celui qui est élu « sportif polonais de l’année » au regard de sa popularité. Le pays est alors plongé dans un combat politique majeur, et à la fin du mois d’août 1980, à l'issue de 14 jours de grève au chantier naval Lénine de Gdansk, le vice-Premier ministre Mieczysław Jagielski cosigne avec Lech Wałęsa l'accord de Gdańsk, devant l'assemblée générale des délégués des entreprises en grève dans la région. C’est le point de départ d’un processus qui, dix ans plus tard, met fin au Bloc de l’Est.

Le geste de Władysław Kosakiewicz est interprété dans ce cadre comme un symbole de résistance sur fond de contentieux historiques anciens avec l’URSS, et en lien plus immédiat avec la crise sociale qui monte en Pologne. Après son émigration en Allemagne de l’Ouest, alors qu’il est trois fois champion de ce pays, la Pologne s’oppose toutefois, en vertu de la réglementation internationale, à sa participation aux Jeux Olympiques de Séoul en 1988. Quoiqu’installé en Allemagne définitivement — il y devient entraîneur —, il ne rompt pas totalement avec son pays. Une fois celui-ci revenu à la démocratie, il est élu au conseil municipal de Gdynia et se présente en 2011, sans succès, sur une liste polonaise aux élections européennes.

Photos Le bras d’honneur de Władysław Kozakiewicz [Pologne], photographie de Rich Clarkson, 1980.
Le bras d’honneur de Władysław Kozakiewicz [Pologne], photographie de Rich Clarkson, 1980.
© Rich Clarkson/Getty Images

Retour sur le boycott des Jeux Olympiques avec la tribune du PCF (1980)

Le parti communiste français s’exprime sur le boycott annoncé des Jeux Olympiques de Moscou, lancé par les États-Unis. Ils ont finalement lieu et accueillent 80 nations, événement qui réjouit alors Roland Passevant, grand reporter à L’Humanité.

Le sport et les Jeux Olympiques ne doivent pas être utilisés à des fins politiques.

—   Lord Killanin (président du CIO), cérémonie de clôture, 1980   —

XXIIe Olympiade
19 JUILLET-3 AOÛT 1980

Moscou ı URSS

Athlètes

(21,52 % DE SPORTIVES)

Sports

 

Épreuves

Image Желаю успеха ! Bonne chance !
Best Wishes! Jeux de la XXIIe Oympiade,
affiche signée K. Rudov, 1980.
affiche signée K. Rudov, 1980. © Coll. CASDEN
Желаю успеха ! Bonne chance !
Best Wishes! Jeux de la XXIIe Oympiade
,
affiche signée K. Rudov, 1980.

Jeux
Paralympiques

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Nations

 

Jeux d'hiver

athlètes

Classement

UNION SOVIÉTIQUE ALLEMAGNE DE L’EST BULGARIE

Sebastian Coe [Grande-Bretagne] vainqueur du 1.500 mètres, photographie de Bob Thomas, 1980.
Sebastian Coe [Grande-Bretagne] vainqueur du 1.500 mètres, photographie de Bob Thomas, 1980.
© Bob Thomas/Getty Images
Cérémonie d’ouverture au stade Lénine, photographie d’Angelo Cozzi, 1980.
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Cérémonie d’ouverture au stade Lénine, photographie d’Angelo Cozzi, 1980.
© Angelo Cozzi/Mondador/Getty Images

Dans le contexte de la Guerre froide, l’attribution à Moscou de l’organisation de la XXIIe Olympiade, suscite dans les pays occidentaux un mouvement de désapprobation mettant en cause le non respect des droits fondamentaux des personnes en URSS. Le boycott est envisagé par les autorités américaines dès 1977. L’invasion de l’Afghanistan par l’armée rouge à la fin de l’année 1979 en fournit le prétexte. Le président Jimmy Carter conditionne la participation américaine au retrait soviétique du pays. La démarche est jugée inacceptable non seulement par l’URSS et ses alliés mais aussi par l’ensemble du mouvement olympique qui dénonce une politisation outrancière. Le Comité Olympique des États-Unis, favorable à l’envoi d’une délégation à Moscou, doit céder face aux pressions du gouvernement soutenu par l’opinion publique. De nombreux pays suivent la décision américaine, comme le Japon ou l’Allemagne de l’Ouest, ainsi que la Chine, les Philippines, l'Argentine et le Canada et participent au Liberty Bell Classic, des jeux parallèles tenus à Philadelphie la même année. Les gouvernements britannique, français et australien soutiennent le boycott mais laissent à leur Comité Olympique respectif et à leurs athlètes le choix de participer ou non. L'Espagne, l'Italie, la Suède, l'Islande et la Finlande, de leur côté, participent aux Jeux Olympiques. L’Iran refuse de s’aligner sur la position américaine, mais boycotte aussi ces Jeux Olympiques en raison de l'invasion de l'Afghanistan.

Au final, les 5.179 athlètes, dont 1.115 femmes (21,52 %), représentent 80 pays, le plus faible nombre de nations participantes depuis 1956. Certaines délégations présentes font le choix de la bannière et de l’hymne olympique au lieu de leurs emblèmes nationaux. Le Comité Olympique français, laissé libre d’agir par le gouvernement, renonce à participer au défilé de la cérémonie d’ouverture. Cette cérémonie présidée par Léonid Brejnev aux côtés du président du CIO, Lord Killanin, est à l’image des grandes manifestations collectives de célébrations des régimes totalitaires. L’URSS met en scène de manière spectaculaire la réussite supposée du système socialiste, en établissant par exemple une liaison audiovisuelle retransmise sur écran géant avec deux cosmonautes de la station orbitale Soyouz.

En raison du boycott, ces Jeux Olympiques disposent d’une couverture télévisée plus restreinte. Dans certains sports, les compétitions s’en trouvent affectées en l’absence des plus grands champions. Pour autant, Sebastian Coe et Steve Ovett pour la Grande-Bretagne brillent au 800 mètres et au 1.500 mètres. Daley Thompson, décathlonien britannique, gagne son premier titre olympique et améliore par la suite deux fois le record du monde (8.730 points en 1982 à Götzis, puis 8.774 points en 1983 à Athènes). Il revient en 1984 à Los Angeles, pour remporter à nouveau l'or olympique. À l’issue des compétitions, l’URSS conforte sa première place au classement des médailles, devant la RDA qui confirme la deuxième place déjà acquise à Montréal quatre ans plus tôt, grâce à un programme de dopage généralisé, non encore révélé.

La cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Moscou (1980)

Retrouvez la cérémonie d’ouverture des Jeux de Moscou en 1980 présidée par Léonid Brejnev, président du Soviet suprême, et Michael Morris (Lord Killanin), président du Comité International Olympique.

Match de lutte gréco-romaine. Josef Krysta [Tchécoslovaquie] contre Shamil Serikov [URSS], photographie, 1980.
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Match de lutte gréco-romaine. Josef Krysta [Tchécoslovaquie] contre Shamil Serikov [URSS], photographie, 1980.
© Staff/Mirrorpix/Getty Images

Jeux Paralympiques de 1980

Olympics for the Disabled. Arnhem Veenendaal. Holland, affiche non signée, 1980.
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© Coll. part./DR
Olympics for the Disabled. Arnhem Veenendaal. Holland, affiche non signée, 1980.

Portrait Franz NIETLISPACH

Du 21 juin au 5 juillet 1980, les Jeux Paralympiques ont lieu à Arnhem aux Pays-Bas. Près de 1.973 athlètes, issus de 43 pays y participent. Franz Nietlispach est une des figures de ces Jeux : athlète suisse en fauteuil roulant, mais aussi cycliste à main et homme politique. Ce sont ses seconds Jeux Paralympiques, et ce « paralympien durable » est encore de la compétition en 2008, avec un bilan exceptionnel de 14 médailles d'or, six d'argent et trois de bronze.

Franz NIETLISPACH
en vidéo

Saut à la perche

Pratique gymnique privilégiant la technique, le saut à la perche devient une épreuve des concours athlétiques dans les années 1860 aux États-Unis. Un saut à 3,30 mètres donne la victoire à William Hoyt aux Jeux Olympiques 1896. Après une course d’élan, la réception se fait sur du sable, puis plus tard sur un tapis en mousse. Les records sont tributaires des innovations concernant les techniques de saut et de la technologie des perches. En 1985, Sergueï Bubka est le premier à franchir une barre à six mètres, cinq ans après les Jeux Olympiques polémiques de 1980.

Photos Daley Thompson [Grande-Bretagne] au saut à la perche, photographie de Bob Thomas, 1980.
Daley Thompson [Grande-Bretagne] au saut à la perche, photographie de Bob Thomas, 1980.
© Bob Thomas/Getty Images
Photos objet             Saut à la perche
© PA Images / Alamy Banque d’images

D’abord en bois, puis en bambou et en aluminium, la perche depuis les années 1960 est en fibre de carbone et fibre de verre. Sa longueur n’est pas réglementée : elle mesure aujourd’hui environ 5,20 mètres.