Photos Filbert Bayi [Tanzanie] vainqueur au 1.500 mètres. Jeux africains, photographie de Lennart Nygren, 1973.
Filbert Bayi [Tanzanie] vainqueur au 1.500 mètres. Jeux africains, photographie de Lennart Nygren, 1973.
© Coll. CASDEN
1976 l MontréalFilbert BAYIConviction

1976 ı Montréal Conviction Filbert BAYI

Rollup 1976 - Montréal - Conviction - Filbert BAYI

Filbert Bayi représente l’union de la plupart des pays africains, mobilisés autour d’une conviction : la nécessité de lutter contre la politique raciste menée par l’Afrique du Sud.

Portrait Filbert BAYI

Conviction

Filbert Bayi est un spécialiste des courses de demi-fond. Ce goût de la course lui est venu lorsque, enfant, il partait à la chasse avec son père. Militaire de carrière, il brille sur 1.500 et 3.000 mètres dans son pays dès le début des années 1970. Il participe aux Jeux Olympiques de Munich en 1972, mais ne parvient pas en finale du 1.500 mètres et du 3.000 mètres steeple. Pourtant, à partir des Jeux africains, en 1973 à Lagos, son extraordinaire potentiel s’affirme. Il remporte à cette occasion le 1.500 mètres devant tous les favoris, notamment le champion olympique kenyan Kip (Kipchoge) Keino. Il est ensuite titré lors des Jeux du Commonwealth en 1974 à Christchurch, en battant de plus d’une seconde le record du monde du 1.500 mètres. En mai 1975, il établit le record du monde du mile.

Fort de ces records, il est considéré comme le favori des Jeux Olympiques de 1976 sur 1.500 mètres. Mais le boycott de vingt-deux nations africaines, mené par son pays la Tanzanie, l’empêche de participer aux Jeux de Montréal. Filbert Bayi, avec d’autres athlètes africains, devient ainsi un double symbole : d’abord celui de l’émergence d’athlètes africains d’exception. Ensuite, il représente l’union de la plupart des pays africains, mobilisés autour d’une conviction : la nécessité de lutter contre la politique raciste menée par l’Afrique du Sud, dans la droite ligne du Mouvement des non-alignés né à Bandoeng en 1955.

Photo Filbert BAYI
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Archives sur Filbert Bayi qui bat le record du monde du 1.500 mètres

L’athlète tanzanien Filbert Bayi, spécialiste des courses de demi-fond, établit un nouveau record du monde au 1.500 mètres lors des Jeux du Commonwealth en 1974 à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Il ne participe pas aux Jeux Olympiques de Montréal suite au boycott des pays africains mené par son pays, la Tanzanie, pour lutter contre la politique d’Apartheid en Afrique du Sud.

Conviction

Le boycott des Jeux Olympiques en 1976 est pour la Tanzanie la suite logique de l’engagement du pays contre la Rhodésie, ancienne possession britannique qui pratique également l’Apartheid. La Tanzanie rompt ainsi toute relation diplomatique avec la Grande-Bretagne en 1965, qui continue à soutenir la Rhodésie. Dans le régime prochinois tanzanien, très engagé auprès des mouvements révolutionnaires, le boycott est une arme parmi d’autres pour contrer les enjeux de la Guerre froide, alors que le pays promeut le panafricanisme à travers les compétitions sportives africaines. En 1977, à la suite de ces actions, l’ONU adopte une résolution contre l’Apartheid dans les sports. Filbert Bayi conserve son titre sur le 1.500 mètres lors des Jeux africains de 1978 à Alger, mais devra se contenter de la troisième place lors des Jeux du Commonwealth à Edmonton la même année. Il termine sa carrière internationale lors des Jeux Olympiques de Moscou en 1980, en obtenant la médaille d’argent sur le 3.000 mètres steeple. Diplômé de l’Université de l’Oklahoma, il est aujourd’hui secrétaire général du Comité National Olympique de Tanzanie. Il a bâti une fondation aidant à la préparation sportive de jeunes athlètes tanzaniens. Il n’a jamais regretté sa décision ni celle que les pays africains ont prise en 1976.

Photos Filbert Bayi [Tanzanie], photographie d’Eamonn McCabe, 1977.
Filbert Bayi [Tanzanie], photographie d’Eamonn McCabe, 1977.
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Reportage sur Nadia Comăneci

Retrouvez la performance incroyable de Nadia Comăneci, une gymnaste roumaine qui est la première à obtenir la note de 10 aux barres asymétriques. Elle révolutionne ce sport et incite les juges à revoir leur système de notation pour cette discipline.

Jusqu’à leur arrivée à Montréal, la plupart des dirigeants sportifs africains, olympiques ou non, n’avaient aucune idée sur la question [du boycott].

—   Mohamed Mzali, vice-président du CIO, 2 août 1976   —

XXIe Olympiade
17 JUILLET-1er AOÛT 1976

Montréal ı CANADA

Athlètes

(20,71 % DE SPORTIVES)

Sports

 

Épreuves

Image Montréal 1976, affiche, 1976.
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Montréal 1976, affiche, 1976.

Jeux
Paralympiques

athlètes

Nations

 

Jeux d'hiver

athlètes

Classement

UNION SOVIÉTIQUE ALLEMAGNE DE L’EST ÉTATS-UNIS

Jeux de la XXIe Olympiade. Montréal 1976. Basketball, programme, 1976.
Jeux de la XXIe Olympiade. Montréal 1976. Basketball, programme, 1976.
© Coll. CASDEN
Cérémonie de clôture, photographie, 1976
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Cérémonie de clôture, photographie, 1976
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Montréal accueille 6.084 athlètes dont 1.260 femmes (20,71 %). Après le drame de la prise d’otages lors des Jeux Olympiques de Munich, la sécurité est désormais l’un des enjeux majeurs de l’organisation des Jeux et plus de 16.000 policiers et militaires, dont certains des forces spéciales, sécurisent les sites et les membres des délégations. La Roumaine Nadia Comăneci, à seulement 14 ans, est l’héroïne de ces Jeux en remportant cinq médailles, dont trois d’or, et en obtenant pour la première fois la note parfaite (10) à sept reprises (l’affichage électronique n’a pas été conçu pour prévoir une telle note et il affiche 1.0). Elle initie la vague des très jeunes gymnastes concourant aux Jeux Olympiques suivants. L’autre héros de ces Jeux Olympiques est le gymnaste soviétique Nikolai Andrianov, qui remporte sept médailles, dont quatre d’or… à la différence du pentathlète ukrainien Boris Onishchenko, exclu pour avoir triché lors de l’épreuve d’escrime. L’Allemagne de l’Est devient la deuxième nation au classement des médailles. Ses nageuses créent l’émoi en raison de leurs performances extraordinaires et des suspicions de dopage, confirmées après la chute du Mur.

Les Jeux Olympiques sont marqués par le boycott de 22 nations africaines. Celles-ci protestent contre l’accueil à Montréal de la délégation de Nouvelle-Zélande, l’équipe de rugby néo-zélandaise ayant auparavant participé à une tournée dans l’Afrique du Sud de l’Apartheid. La situation est complexe puisque le CIO décide d’exclure l’Afrique du Sud des Jeux Olympiques en raison de sa politique raciste, mais pas la Nouvelle-Zélande. À ce boycott s’ajoute celui de Taïwan, le Canada, souhaitant préserver des relations privilégiées avec la République populaire de Chine. Pékin prétend à la souveraineté sur Taïwan et refuse ainsi que l’île de Formose concourt sous son propre drapeau. Le boycott des Jeux Olympiques comme arme politique s’affirme.

Autre changement majeur, le gigantisme est désormais de mise, avec une augmentation incroyable des investissements. Plus d’un milliard de dollars est dépensé pour la construction du Stade olympique (conçu par l’architecte français Roger Taillibert), les organisateurs contractent des prêts pour 1,65 milliard de dollars au total (alors que les dépenses prévues étaient initialement de 400 millions de dollars), que les contribuables québécois achèvent de rembourser seulement en 2006. Ces dépenses pharaoniques s’inscrivent dans un plan de développement de la ville. Pourtant, seule une partie des installations olympiques peut être valorisées après les Jeux. Dès lors, se pose, pour tous les Jeux Olympiques suivants, la question de la reconversion des installations olympiques.

Reportage sur la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Montréal (1976)

Revivez les moments forts de la cérémonie d’ouverture, comme l’arrivée de la flamme olympique mais également des épreuves d’ouverture, comme le pentathlon, lors des Jeux Olympiques de Montréal.

Bruce Jenner [États-Unis] au lancer du poids, photographie de Roland Witschel, 1976.
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Bruce Jenner [États-Unis] au lancer du poids, photographie de Roland Witschel, 1976.
© Roland Witschel/picture alliance/Getty Images

Jeux Paralympiques de 1976

Défilé des athlètes paralympiques à l'hippodrome Woodbine à Toronto, photographie, 1976.
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© Comité Paralympique Canada
Défilé des athlètes paralympiques à l'hippodrome Woodbine à Toronto, photographie, 1976.

Portrait Jane BLACKBURN

Les cinquièmes Jeux Paralympiques se déroulent à Toronto (Canada), alors que la même année se tiennent les premiers Jeux Paralympiques d’hiver. 1.657 athlètes issus de 40 pays y participent et pour la première fois, 261 athlètes amputés et 187 athlètes ayant un handicap visuel sont engagés. La Britannique Jane Blackburn est alors une athlète complète, qui va gagner des médailles dans plusieurs épreuves, dont au tir à l'arc, aux boules de gazon, en natation et surtout au tennis de table. Pour ce dernier sport, elle reste invaincue de 1972 à 1986, et devient championne paralympique lors de cinq éditions consécutives.

Jane BLACKBURN
en vidéo

Équitation

L’équitation apparaît pour la première fois aux Jeux Olympiques de 1900, comprenant alors trois épreuves de sauts. En 1912, s’ajoutent les épreuves de dressage et le concours complet. Réservés jusqu’en 1952 aux militaires exclusivement masculins, les épreuves s’ouvrent aux athlètes non militaires et aux femmes entre 1952 et 1964. Hommes et femmes participent aux mêmes concours, ce qui fait de l’équitation l’une des rares disciplines olympiques entièrement mixte (comme en voile et en yachting). En 1976, l’Allemagne domine les épreuves, remportant sept médailles.

Photos Michel Vaillancourt [France] sur le point de gagner la médaille d’or en épreuve individuelle de saut d’obstacles, photographie d’Ed Lacey, 1976.
Michel Vaillancourt [France] sur le point de gagner la médaille d’or en épreuve individuelle de saut d’obstacles, photographie d’Ed Lacey, 1976.
© Ed Lacey/Popperfoto via Getty Images
Photos objet             Équitation
© Musée national du sport Nice

La bombe, autrefois appelée « toque », tient son nom du Haut Moyen Âge où les premiers cavaliers avaient sur leur tête ce genre de protection qu'ils appelaient le « bonoin » (projectile). C’est aujourd’hui la protection que les cavaliers portent sur la tête pour pratiquer l'équitation (un des dix sports les plus dangereux et le troisième en termes de gravité d’accident). La bombe s’impose au XXe siècle, souvent recouverte de velours, pour se standardiser dans les années 1970 comme celle-ci ayant appartenu à la cavalière française Janou Lefèbvre née en Indochine.