Photos Le champion des poids mi-lourds, Cassius Clay [États-Unis], sur la première marche du podium, photographie, 1960.
Le champion des poids mi-lourds, Cassius Clay [États-Unis], sur la première marche du podium, photographie, 1960.
© Coll. CASDEN  
1960 l RomeMohamed ALICourage

1960 ı Rome Courage Mohamed ALI

Rollup 1960 - Rome - Courage - Mohamed ALI

C’est à l’âge de 18 ans que Mohamed Ali remporte facilement sa seule médaille d’or olympique dans la catégorie des mi-lourds à Rome.

Portrait Mohamed ALI

Courage

Âgé de 18 ans, un jeune boxeur africain-américain remporte la médaille d’or dans la catégorie des mi-lourds (75-81 kg). Sa personnalité ne laisse pas indifférent. Après trois combats victorieux, la finale qu’il remporte facilement le 5 septembre 1960 au bout de trois rounds face au Polonais Zbigniew Pietrzykowski, pourtant triple champion d’Europe, suscite de nombreux commentaires. Le troisième round fatal à Zbigniew Pietrzykowski est considéré par le New York Times comme « le plus sanglant de toute l’histoire des Jeux Olympiques ». Ce boxeur se nomme Cassius Clay et il est à l’aube d’une carrière exceptionnelle.

Né en 1942 à Louisville (Kentucky) de parents issus de la petite classe moyenne africaine-américaine, Cassius Clay est confronté très jeune au racisme. Doué pour la boxe dont il apprend avec courage les rudiments sous la houlette d’un policier de son quartier, il progresse rapidement. Sa victoire à Rome est sa seule médaille olympique et constitue l’un des points d’orgue de sa carrière amateur. En effet, Cassius Clay sort ensuite du circuit olympique pour devenir professionnel sous la direction de l’emblématique entraîneur Angelo Dundee. À cette époque, l’amateurisme est la règle de l’Olympisme, or, plus que tout autre, la boxe est un sport investi par l’argent. Cassius Clay s’illustre alors tant par sa technique peu orthodoxe que par son tempérament orgueilleux et volontiers provocateur.

Photo Mohamed ALI
© Coll. CASDEN

Archives sur la finale de boxe amateur avec Cassius Clay

Première et ultime victoire olympique pour Cassius Clay (futur Mohamed Ali), après avoir décroché les Golden Gloves, catégorie poids lourds en 1959 et 1960. Il accède à la ligue professionnelle, dans laquelle il obtient la renommée et un palmarès exceptionnel.

Courage

Devenu Mohamed Ali au moment de sa conversion à l’islam en 1964, le boxeur a déjà une grande notoriété tout en faisant l’objet de nombreuses controverses et étant parfois la cible de propos racistes. Jusqu’au bout, le verbe haut, il ne cesse d’alimenter son mythe utilisant ses exploits sur le ring pour faire entendre ses prises de positions politiques. Entre 1964 et 1967 notamment, il se sert de sa domination sans partage dans la catégorie poids lourds pour s’opposer à la guerre du Viêtnam et militer en faveur de la lutte des Africains-Américains pour l’égalité. Cet engagement lui vaut d’être déchu de ses titres et d’être interdit de combat pendant trois ans et demi. Avec une étonnante capacité à encaisser les coups, Mohamed Ali livre quelques combats mémorables jusqu’à son dernier, en 1981. Ainsi, les affrontements contre Joe Frazier en 1971 au Madison Square Garden de New York (défaite aux points) ou contre George Foreman à Kinshasa en 1974 (victoire par K.-O.) demeurent les plus célèbres. Diminué par la maladie de Parkinson, Mohamed Ali fait une émouvante apparition en porteur de flamme lors des Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996 avant de décéder 20 ans plus tard.

Photos Match de boxe. Cassius Clay [États-Unis] contre Zbigniew Pietrzykowski [Pologne], photographie,[nbsp]1960.
Match de boxe. Cassius Clay [États-Unis] contre Zbigniew Pietrzykowski [Pologne], photographie, 1960.
© Granger Historical Picture Archive / Alamy

Entretien avec Maurice Herzog, secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports

L’opinion publique accable le secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports, Maurice Herzog, après les résultats catastrophiques de la France aux Jeux Olympiques de Rome, avec seulement deux médailles d’argent et trois médailles de bronze. Ce dernier répond à ces critiques avant d’impulser, sous l’autorité du général de Gaulle, une politique sportive volontariste.

Je suis le plus grand.

—   Mohamed Ali, conférence de presse, 1960   —

XVIIe Olympiade
25 AOÛT-11 SEPTEMBRE 1960

Rome ı ITALIE

Athlètes

(11,45 % DE SPORTIVES)

Sports

 

Épreuves

Image Jeux de la XVIIe Olympiade. Rome,
affiche signée Armando Testa [reprise
sur la couverture du programme], 1960.
© Coll. CASDEN
Jeux de la XVIIe Olympiade. Rome,
affiche signée Armando Testa [reprise
sur la couverture du programme], 1960.

Jeux
Paralympiques

athlètes

Nations

 

Jeux d'hiver

athlètes

Classement

UNION SOVIÉTIQUE ÉTATS-UNIS ITALIE

« J.O. 60 », couverture de presse in Les[nbsp]Cahiers de l’Équipe, dessin de Paul[nbsp]Ordner, 1960.
« J.O. 60 », couverture de presse in Les Cahiers de l’Équipe, dessin de Paul Ordner, 1960.
© Coll. CASDEN
L’épreuve du marathon dans les rues de Rome, photographie, 1960.
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L’épreuve du marathon dans les rues de Rome, photographie, 1960.
© Marka / Alamy

C’est en période de forte canicule, que Rome accueille les XVIIe Jeux Olympiques. Après la tentative avortée en 1908 et avoir laissé la place prévue en 1940 au Japon, la « ville éternelle » est enfin à l’honneur. Si le stade olympique construit en 1953 au cœur du Foro Italico — grand complexe sportif érigé sous Mussolini — est le lieu central des compétitions, plusieurs épreuves se déroulent sur des sites historiques. Ainsi la lutte se déroule dans la basilique de Maxence, la gymnastique aux thermes de Caracalla et l’arrivée du marathon est programmée sous l’Arc de Constantin.

Au cœur du « miracle économique italien », l’Italie veut faire oublier, à travers ces Jeux romains, la période fasciste et prouver au monde sa modernité et la vitalité de sa démocratie. De fait, ces Jeux Olympiques sont une fête. 100.000 personnes assistent à la cérémonie d’ouverture : après les discours protocolaires, coups de canons, tintement des cloches vaticanes et envol de milliers de pigeons suscitent la liesse. 1960 est aussi l’année des décolonisations : en conséquence le nombre de nations participantes – 83 – et d’athlètes – 5.338 dont 611 femmes 11,45 %) – s’accroît. Le Maroc, la Tunisie et le Soudan s’alignent pour la première fois. La Chine communiste, sortie du CIO en 1958, est absente des Jeux Olympiques en raison du conflit qui l’oppose à Taïwan. La technique est au rendez-vous puisque, pour la première fois, à travers la RAI, la télévision couvre en direct et en eurovision l’ensemble des compétitions.

Le héros des Jeux Olympiques est Abebe Bikila, 28 ans qui remporte le marathon pour l’Éthiopie en battant, pieds nus, le record du monde après 2 heures 15 minutes de course. Son passage sous l’Arc de Constantin, à l’endroit même où Mussolini avait envoyé ses troupes 25 ans plus tôt conquérir l’Éthiopie, sonne comme une revanche. Outre la victoire du jeune boxeur Mohamed Ali, c’est une autre athlète africaine-américaine, Wilma Rudolph qui s’illustre avec trois médailles d'or en sprint sur les 100 mètres, 200 mètres et relais 4x100 mètres, égalant l’exploit de Betty Cuthbert aux Jeux Olympiques précédents. Autre image forte de cette Olympiade, au 400 mètres, l'Américain Otis Davis et l'Allemand Carl Kaufmann sont les premiers à descendre sous les 45 secondes. Enfin, il fallait bien un héros italien pour ces jeux romains ! Il est incarné par Livio Berruti, vainqueur surprise du 200 mètres devant une foule en délire.

Reportage sur la préparation des Jeux Olympiques de Rome

Reportage sur la préparation des Jeux Olympiques en 1960, les équipements sportifs, le nouveau système de financement, la présentation du parcours de marathon ainsi qu’un débat animé pour le clôturer.

Otis Davis [États-Unis] vainqueur du 400 mètres, photographie, 1960.
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Otis Davis [États-Unis] vainqueur du 400 mètres, photographie, 1960.
© Marka / Alamy

Jeux Paralympiques de 1960

Susan Masham [Grande-Bretagne],
championne de[nbsp]tennis[nbsp]de table et natation,
photographie,[nbsp]1960.
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© Keystone Press / Alamy
Susan Masham [Grande-Bretagne],
championne de tennis de table et natation,
photographie, 1960.

Portrait Susan MASHAM

Ces neuvièmes Jeux Internationaux de Stoke Mandeville — considérés comme les premiers « Jeux Paralympiques » —, s’organisent six jours après la clôture des Jeux Olympiques, en présence de 23 nations et 400 athlètes en fauteuil roulant. La Britannique Susan Masham remporte trois médailles d'or au tennis de table, aux 25 mètres brasse et 25 mètres dos en natation lors des Jeux Paralympiques de 1960, deux ans après son accident d’équitation. Elle participe de nouveau aux Jeux Paralympiques en 1964 et 1968, avant de s’investir dans l’organisation Snowdon Trust, destinée à offrir des bourses aux étudiants handicapés.

Susan MASHAM
en vidéo

Voile

Présentes à chaque Jeux Olympiques depuis 1908, les compétitions de voile (autrefois nommées « yachting ») ont évolué à travers le temps : aux régates organisées avec des bateaux de grande taille mobilisant parfois 10-12 marins, de nouvelles épreuves mettant aux prises des embarcations plus petites (dériveur, skiff, catamaran, planche à voile et bientôt kiteboard) ont changé la donne. Au départ mixte, la compétition a plutôt évolué vers une séparation hommes/femmes à partir de 1988.

Photos objet             Voile
© Coll. CASDEN

Dériveur à deux équipiers de 6,06 mètres de longueur, de maître-bau de 1,78 mètres avec une grand-voile de 10,2 m2, un foc de 8,4 m2 et un spinnaker de 21 m2, le Flying Dutchman a été agréé série olympique en 1960. Ce bateau exigeant et physique est l'un des plus grands dériveurs en double du marché.

Photos Régate de voile, vignette, dessin de Peter Kölln, 1960.
Régate de voile, vignette, dessin de Peter Kölln, 1960.
© Coll. CASDEN