Photos Le prince Philip et Ludwig Guttmann à l’hôpital de Stoke Mandeville, photographie anonyme, 1948.
Le prince Philip et Ludwig Guttmann à l’hôpital de Stoke Mandeville, photographie anonyme, 1948.
© IWAS
1948 l LondresLudwig GUTTMANNParalympique

1948 ı Londres Paralympique Ludwig GUTTMANN

Rollup 1948 - Londres - Paralympique - Ludwig GUTTMANN

Ludwig Guttmann a initié la création d’un véritable mouvement international paralympique, auquel il continuera de participer activement après 1948.

Portrait Ludwig GUTTMANN

Paralympique

Ludwig Guttmann est un neurologue juif allemand internationalement réputé. Contraint de fuir l’Allemagne nazie trois ans après les Jeux Olympiques de Berlin pour rejoindre la Grande-Bretagne, il fonde à Stoke Mandeville – à la demande du gouvernement britannique – le National Spinal Injuries Center en 1944, dédié aux blessés atteints à la moelle épinière durant la Seconde Guerre mondiale. Le centre dirigé par Ludwig Guttmann fait alors partie d’un vaste programme consacré à la guérison et/ou l’accompagnement de ces blessés. Outre les importants progrès médicaux réalisés par Ludwig Guttmann dans la réduction des risques vitaux consécutifs à une atteinte spinale, il imagine des thérapies visant à accompagner psychologiquement les blessés en stimulant leur potentiel moteur.

Dans ce cadre, le sport s’impose à lui comme un vecteur pertinent. Il encourage ses patients à pratiquer plusieurs disciplines qui leur demeurent accessibles, tels le tir à l’arc, le billard, le basketball ou le tennis de table. Les résultats dépassent les espérances de Ludwig Guttmann : les patients reprennent confiance, augmentent leur estime de soi, développent leurs capacités motrices. La plupart peuvent ensuite reprendre un travail et s’insérer socialement.

Photo Ludwig GUTTMANN
© Raymond Kleboe/Picture Post/Hulton Archive/Getty Images

Portrait de Bob Mathias, le plus jeune médaillé d’or en athlétisme

À 17 ans, la victoire de l’Américain Bob Mathias au décathlon fait de lui le plus jeune sportif à obtenir une médaille d’or en athlétisme.

Paralympique

Ludwig Guttmann comprend que l’émulation entre les patients – une écrasante majorité sont de jeunes aviateurs – peut être un élément favorisant leur investissement dans cette thérapie par le sport. Il organise donc en 1948, à la veille des Jeux Olympiques londoniens, les premiers World Wheelchair and Amputee Games (Jeux mondiaux des athlètes amputés et en fauteuil).

Pour cette première compétition, seule une épreuve de tir à l’arc est prévue, opposant deux équipes d’anciens combattants. C’est la première compétition paralympique, même si Ludwig Guttmann ne songe pas encore à faire reconnaître ces compétitions par le CIO. À partir du début des années 1950, le sport devient un moyen d’aider les handicapés, avec le développement de nombreuses associations, particulièrement en France, en Grande-Bretagne ou en Suisse, qui favorisent la création d’un véritable mouvement international paralympique, que Ludwig Guttmann a initié et auquel il continue de participer activement. En 1960, les premiers « Jeux Paralympiques » sont organisés à Rome, juste après les Jeux Olympiques, et les premiers Jeux Paralympiques d’hiver apparaissent en 1976 en Suède. Les Jeux Paralympiques se tiennent désormais immédiatement après les Jeux Olympiques. Les Jeux Paralympiques de Rio de Janeiro, en 2016, rassemblent 4.350 athlètes issus de 160 pays différents. En 2024 à Paris, les deux compétitions seront étroitement associées, jusque dans le titre de la compétition « JOP Paris 2024 », cependant les Jeux Paralympiques se dérouleront après les Jeux Olympiques.

Photos Ludwig Guttmann à l’hôpital de Stoke Mandeville, photographie de Raymond Kleboe, 1948.
Ludwig Guttmann à l’hôpital de Stoke Mandeville, photographie de Raymond Kleboe, 1948.
© Raymond Kleboe/Picture Post/Hulton Archive/Getty Image

Documentaire-interview sur Balbir Singh et sur sa victoire de 1948

Balbir Singh, joueur de hockey indien, revient sur sa première médaille d’or obtenue en 1948 face à la Grande-Bretagne, tout un symbole un an après l’indépendance de l’Inde. L'attaquant est également champion olympique en 1952 et en 1956.

L'effet bénéfique du sport sur le bien-être des personnes handicapées en favorisant l'intérêt, la concentration et la relaxation, ne fait aucun doute.

—   Sir Ludwig Guttmann, Royal Society of Health Journal, 1973   —

XIVe Olympiade
29 JUILLET-14 AOÛT 1948

Londres ı GRANDE-BRETAGNE

Athlètes

(9,50 % DE SPORTIVES)

Sports

 

Épreuves

Image Olympic Games. London, affiche
signée Walter Herz, 1948.
© Musée national du sport Nice
Olympic Games. London, affiche
signée Walter Herz, 1948.

Jeux
Paralympiques

- (début en 1960)

Nations

 

Jeux d'hiver

athlètes

Classement

ÉTATS-UNIS SUÈDE FRANCE

Richard Rieder [Suisse] au tournoi de poids et haltères en catégorie plume, photographie de presse, 1948.
Richard Rieder [Suisse] au tournoi de poids et haltères en catégorie plume, photographie de presse, 1948.
© Coll. CASDEN
« Édition spéciale. Les Jeux Olympiques », couverture de presse in Miroir Sprint, 1948.
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« Édition spéciale. Les Jeux Olympiques », couverture de presse in Miroir Sprint, 1948.
© Coll. CASDEN

Douze ans après les « jeux nazis » à Berlin et trois ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Jeux Olympiques de 1948 sont ceux de la reconstruction. L’Allemagne, occupée par les forces alliées, n’est pas invitée sous « prétexte » qu’elle n’a pas de Comité Olympique National et l’URSS, dont les athlètes ne sont pas prêts, n’envoie aucune délégation. La Grande-Bretagne a été choisie car elle symbolise le centre de la résistance européenne au nazisme. Elle vient aussi de perdre le fleuron de son empire, l’Inde, et doit rehausser son prestige. Londres, victime des bombardements allemands durant le Blitz, est largement détruite. Toutes les infrastructures sportives sont à construire ou à reconstruire. En parallèle des Jeux Olympiques, pour la première fois, sont organisés les premiers « Jeux mondiaux des [athlètes] amputés et en fauteuil », bientôt nommés « Jeux de Stoke Mandeville ». Un neurologue allemand, Ludwig Guttmann, est à l’origine de ces jeux, encore modestes — deux équipes s’affrontent au sein de l’hôpital de Stoke Mandeville —, mais cette première édition pose les bases des futurs Jeux Paralympiques.

Pour loger les athlètes et les représentants des nations invitées, les organisateurs utilisent des casernes, des écoles et d’autres bâtiments publics. Pourtant, 4.104 athlètes sont présents, dont 390 femmes (9,50 %). 500.000 Britanniques peuvent suivre les compétitions à la télévision. Fanny Blankers-Koen, surnommée « la Hollandaise volante » est l’héroïne sportive de ces Jeux : elle remporte le 100 mètres, le 200 mètres, le 80 mètres haies et le relais 4x100 mètres. Elle ne peut participer aux épreuves de sauts en longueur et en hauteur ; le CIO interdisant alors aux femmes de concourir dans plus de trois épreuves individuelles.

Des sportifs qui vont marquer l’Histoire s’affirment, tels le Tchécoslovaque Emil Zátopek, qui remporte le 10.000 mètres, obtient la médaille d’argent sur le 5.000 mètres et entame sa rivalité légendaire avec le Français Alain Mimoun ou l’Américain Bob Mathias qui remporte le décathlon à 17 ans, plus jeune athlète à décrocher une médaille d’or en athlétisme. Enfin, la Française Micheline Ostermeyer, pianiste de profession, décroche trois médailles, l'or au lancer du poids et au lancer du disque, et le bronze au saut en hauteur. Elle est l’athlète française la plus titrée, au-delà des sexes et tous sports confondus.

Reportage sur la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres en 1948

Retour sur la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres en 1948. 12 ans après les Jeux Olympiques de Berlin et trois ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Jeux Olympiques de 1948 s’affichent sous la bannière de la Paix et de la reconstruction.

« Micheline Ostermeyer [France] la première championne olympique », couverture de presse in But et Club, 1948.
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« Micheline Ostermeyer [France] la première championne olympique », couverture de presse in But et Club, 1948.
© Coll. CASDEN

Water-polo

Le water-polo apparaît en 1870 dans un club de natation londonien avant d’être reconnu en 1884 par la fédération de natation britannique. D’abord pratiqué par la bourgeoisie, il se démocratise en Europe et aux États-Unis. Le water-polo est, avec le rugby, l’un des deux premiers sports collectifs présentés aux Jeux Olympiques, en 1900 à Paris, et fait partie depuis de tous les programmes olympiques. Réservé depuis 1900 aux hommes (sauf en 1904 où les épreuves n’ont pas lieu), la compétition féminine apparaît seulement en 2000.

Photos Match de water-polo, photographie, 1952.
Match de water-polo, photographie, 1952.
© Coll. CASDEN    
Photos objet             Water-polo
© Musée national du sport Nice

Le bonnet de water-polo est un bonnet de bain de natation spécifique, car il est doté de protections rigides au niveau des oreilles depuis l’après-Seconde Guerre mondiale, lorsque les réglementations se sont standardisées, pour empêcher les joueurs de crocheter les oreilles de leurs adversaires et les protéger des chocs avec le ballon. Le numéro des joueurs est imprimé sur le bonnet, ce qui permet d'identifier facilement les nageurs dès lors qu'ils sortent la tête de l'eau. Le gardien porte le bonnet numéroté 1. Les autres joueurs portent des bonnets numérotés de 2 à 13.